Décès de Robert Urbain, l'une des grandes figures des relations internationales de la Belgique

Fils de mineur, militant socialiste, Robert Urbain a été professeur de sciences et de mathématiques durant une dizaine d’années à l’Ecole normale de Mons avant de se lancer en politique. Il est élu conseiller communal en 1964 et devient député de l’arrondissement de Mons à la Chambre en 1971. Dans les gouvernements Martens I, II, III et IV, il est successivement ministre des PTT (postes et télécommunications) et du Commerce extérieur. En 1988, il se prononce résolument en faveur du retour du PS dans les différents exécutifs après les années Martens-Gol. Il retrouve cette année-là le Commerce extérieur. Sous sa houlette s’amorce la difficile régionalisation de cette compétence, qui implique une réforme profonde de l’Office belge du commerce extérieur (OBCE). En tant que ministre du Commerce extérieur, Robert Urbain participe aux négociations du GATT (Accord général sur le commerce et les tarifs douaniers). Il obtient que la réunion finale de l’Uruguay Round se déroule à Bruxelles en 1990. Alors que le bloc communiste se désagrège, il noue de bonnes relations avec le régime du colonel Khadafi en Libye.

En compagnie d’Anne-Marie Lizin, il contribuera à la libération de plusieurs otages, notamment les Houtekins-Valente enlevés par des militants pro-palestiniens. Robert Urbain se retrouve en 1991 au centre de la polémique sur les licences d’exportation d’armes de la FN vers trois pays du Moyen-Orient.

Le SP et surtout la Volksunie s’opposent à leur octroi et refusent les solutions de compromis proposées. Les tensions communautaires sont vives, à tel point que les ministres VU démissionnent, privant le gouvernement Martens VIII de sa majorité des deux tiers au parlement. Dans le gouvernement Dehaene I, Robert Urbain reprend à nouveau le Commerce extérieur et reçoit en plus les Affaires européennes. Il veille avec Guy Spitaels à faire avancer le dossier de la reconnaissance du Hainaut pour bénéficier des fonds de l’Objectif I. Son chef de cabinet est Philippe Suinen, futur patron de l’Agence wallonne à l’exportation et de Wallonie-Bruxelles International.

En 1995, Robert Urbain quitte l’exécutif fédéral. Il accomplira encore plusieurs missions, dont celle de commissaire général du pavillon belge l’Exposition universelle de Shanghaï de 2010 qu’il abandonnera en 2009 dans un climat délétère. Il dénonce alors les conditions de la nomination de son adjoint Leo Delcroix (CD&V). Robert Urbain a également été bourgmestre de Boussu de 1977 à 2006. Il est décédé vendredi à l’âge de 87 ans.