Monaco: Henry et ses défis

Monaco: Henry et ses défis

L’entraîneur de Monaco, Thierry Henry, lors du match de phase de groupes de la Ligue des champions face à Bruges, au stade Louis II, le 6 novembre 2018 VALERY HACHE

Au moment où son équipe, relégable avec sept petits points en 12 journées de Ligue 1, reçoit dimanche l’ogre parisien, Thierry Henry voit plus loin et cible déjà les défis qu’il va devoir affronter sur le banc de Monaco.

.Physique à retrouver

Monaco compte quatorze blessés (plus un suspendu) avant Paris. Son entraîneur répond: “J’ai un gros souci depuis que je suis arrivé. La plupart (des joueurs) est à l’infirmerie depuis un moment ou traîne une blessure depuis longtemps. Voilà pourquoi on a parfois tenté de nouvelles formules. Il faut faire avec.”

Selon lui, ces blessures sont le fruit de “la fatalité”, comme Aholou ou Golovin. “Mais des choses ont été mises en place avant, poursuit-il. Il faut sonder, savoir ce qui s’est passé pour en arriver là.”

En interne, la préparation physique d’avant-saison est pointée. Associée à différents paramètres, comme les retours tardifs avec fatigue du Mondial ou certaines blessures, elle est considérée comme un élément essentiel à la situation actuelle.

Mais Henry sait qu’il serait politiquement incorrect de l’évoquer publiquement. Aussi, il botte en touche: “Je ne suis pas docteur”, ou, “Il faut demander aux personnes présentes avant”. “Moi, je ne peux constater que ce que j’ai récupéré quand je suis arrivé”, dit-il.

Sa volonté est pourtant à une rapide remise à niveau physique de chacun. Car il a enfin compris l’importance de cette dimension en L1. “Depuis mon arrivée, je vois des équipes difficiles à manœuvrer sur le plan physique, avec deux-trois techniciens pour faire la différence, convient-il. Ce n’est pas facile.”

.Cohésion à reconstruire

Au-delà des absences, le collectif est touché moralement. “Les erreurs d’école, comme contre Bruges (0-4), n’ont rien à voir avec les blessures, souligne Henry. On ne doit pas les faire.”

Il explique: “Les joueurs les font parce qu’ils sont atteints mentalement. J’arrive à le comprendre. Mais il va falloir le supprimer, sinon ça va devenir difficile.”

“On est triste”, reconnaît le milieu Pelé. Son coach cherche donc à redonner confiance. “J’ai essayé de comprendre l’état physique et surtout mental des joueurs, précise l’ex-Gunner. Il faut retourner à la base, resserrer les lignes comme à Bruges (1-1). Et voir comment on peut être plus solide défensivement.”

Mais avant tout, “il faut gagner à nouveau les duels”, dit Henry, déjà las de la passivité de certains. D’où son envie de lancer des jeunes, comme Sylla, Massengo, Gouano, Panzo ou Benoît Badiashile, frère du gardien.

D’ailleurs, s’il reconnait avoir “déjà poussé des coups de gueule” et que “ça a réagi”, il veut autre chose. “Maintenant, il faut passer à l’action. La différence est là.”

.Assise défensive à acquérir

Pour passer à l’action, Henry doit reconstruire la base. Malgré les très nombreux forfaits, il espère voir un nouvel état d’esprit défensif contre Paris.

“Ça peut paraître difficile qu’on fasse un gros match mais on va essayer de les gêner, glisse-t-il. Avec une équipe amoindrie et pas mal de jeunes, ça devrait être beaucoup plus dur qu’avec le onze titulaire. Mais on va tenter.”

Dimanche, Monaco jouera “comme une équipe de National contre une L1 en Coupe”. “Prendre des points serait plus qu’un bonus, c’est sûr, précise Henry. Mais on a aussi quelque chose à perdre: un match.”

Car Monaco enchaîne les prestations indigentes. La série sans victoire s’est allongé à 15 matches (10 défaites, 5 nuls), dont 5 avec Henry. Viendra forcément le temps où il sera remis en cause.

“La pression est là, rétorque-t-il. On aurait pu faire mieux contre Strasbourg, Dijon et Reims, des matches abordables. Après la trêve, Caen aussi sera abordable.”

Pourtant, “entre blessés et sélectionnés, j’aurai seulement cinq joueurs à l’entraînement durant la trêve, conclut-il. C’est un handicap. Mais comment dire aux mecs de ne pas aller en sélection?”