Pierre Wolper, recteur de l'ULiège: «Le décret paysage mérite entre 8 et 9 sur 20!»

Ingénieur informaticien de formation, il a choisi aujourd’hui la voie académique. Pierre Wolper est le nouveau recteur de l’Université de Liège, succédant ainsi à Albert Corhay. Après quatre tours de scrutin et des élections tendues, c’est lui qui a désormais les rênes de la recherche et de l’enseignement de l’université. Alors va-t-il réussir à imposer sa marque et développer son projet ? À l’heure où le paysage de l’enseignement supérieur est modifié par le décret de Jean-Claude Marcourt, Pierre Wolper ne cache en tout cas pas sa position : pour lui, ce décret a plus de défauts que de qualités.

L’un des problèmes qu’il soulève, c’est qu’en rendant plus flexible le parcours des étudiants, il génère beaucoup de difficultés au niveau purement pratique. Il prend l’exemple des horaires. Comme les parcours sont beaucoup plus individualisés, un étudiant peut avoir plusieurs cours en même temps. Le système des crédits, accumulés au fil des années, doit selon lui être aussi révisé, pour éviter qu’un étudiant arrive en master avec des cours de baccalauréat à repasser.

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Sur le processus de l’élection du recteur de l’ULiège 
: « 
Il n’y a pas de clans. On n’est pas sur des projets d’université radicalement différents. Il n’y a pas d’opposition radicale. Il y a simplement des sensibilités différentes. Des craintes, aussi. Mais on travaille dans le même esprit. »

Sur le décret paysage
 : « Si je devais noter le décret sur 20 ? Je dirais qu’on est entre la réussite minimale et l’échec. Donc, 8 ou 9… ». Mais à la question de savoir si l’application de ce décret engendre des diplômes au rabais, il répond : « Non, je ne pense pas ». »

Sur Jean-Claude Marcourt 
: « Il essaie de faire bouger les choses, c’est positif, mais quand on fait bouger les choses, trop et trop vite, on a des problèmes, comme maintenant.»

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Sur son éventuelle politisation
 : « 
Je ne suis pas politisé dans le sens où je ne suis pas membre d’un parti. Je n’ai pas de couleur politique. Mais par contre, en tant que recteur je dois prendre des positions par rapport à des questions de politique universitaire. Dans ce sens-là, oui, je suis politisé . »

Sur l’absence de mixité au sein des recteurs francophones 
: « On avait une candidate, mais elle n’a pas été élue. Je pense que ça va se faire naturellement. Au sein du corps académique, le nombre de femmes est en croissance. Petit à petit, une participation plus large des femmes à la direction des universités va apparaître. Mais je ne suis pas pour un système de quotas. Les premières à me dire qu’il ne faut pas de quotas, ce sont les femmes. Peut-être que d’autres disent autre chose, mais si on force des quotas pour le genre, on peut imaginer des quotas de toutes sortes. Alors, quels critères retenir ? »