Tennis: les serviettes de la discorde

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En l'état, les ramasseurs sont au service des joueurs le temps de leur match. [Johannes Eisele - AFP]
En l’état, les ramasseurs sont au service des joueurs le temps de leur match. [Johannes Eisele – AFP]

La serviette au coeur d’une mini-révolution sur le circuit mondial de tennis? A première vue anodine, la règle testée lors du Next Gen à Milan laissant les joueurs, et non les ramasseurs, gérer leur si précieux essuie-main, fait beaucoup parler.

Depuis près d’une semaine, au NextGen de Milan, ce Masters réunissant les 8 meilleurs espoirs du circuit de moins de 22 ans, la serviette prend beaucoup de place. Pas de ramasseurs au service des joueurs pour leur amener prestement leur serviette, ce qu’ils font normalement sur le circuit, mais un simple casier à serviettes posée au fond du court. A priori pas vraiment une tâche insurmontable pour les joueurs. Et pourtant…

“Sur le court, je ne veux penser qu’au tennis, pas m’occuper de savoir où j’ai laissé ma serviette. Ca c’est un boulot pour les ramasseurs de balles”, a par exemple estimé le Grec Stefanos Tsitsipas (ATP 15). “Je n’ai pas tellement aimé ça. Je devais tout le temps courir pour prendre la serviette, j’avais ça en tête tout le temps”.

ats/bao

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Dérives

Francis Tiafoe (ATP 40) juge, lui, que c’est une “bonne idée” à importer sur le Circuit, théâtre, depuis une quinzaine d’année, de cet usage qui a pris des allures de dérive. Peu importe que le point ait duré près de 2 minutes, ou 10 secondes, des joueurs et joueuses se retournent instinctivement vers les ramasseurs de balles en pointant leur serviette.

Et parfois les joueurs dérapent. Fin septembre au tournoi de Shenzen en Chine, Fernando Verdasco s’en est pris à un jeune ramasseur de balles, pas assez prompt selon lui à lui apporter son indispensable serviette.

“Une relation de maître à esclave”

Patron de l’ATP, Chris Kermode a pris fait et cause pour une évolution de la règle: “je n’ai jamais vraiment aimé que les ramasseurs s’occupent de la serviette. Ca ressemble à une relation de maître à esclave”, a-t-il jugé dans le Daily Telegraph. Parfois des détails n’en sont pas tant que ça…