Brésil : une évangélique nommée ministre des Femmes et de la Famille

Une pasteur évangélique dans le gouvernement de Jair Bolsonaro. Damares Alves a été nommée jeudi ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l’Homme du gouvernement du président d’extrême droite brésilien, qui compte 20 ministres dont une demi-douzaine de militaires et seulement deux femmes.

« Nous allons faire des politiques publiques qui n’ont pas encore atteint les femmes, faire un grand pacte pour l’enfance, qui sera la priorité de ce gouvernement », a déclaré la future ministre lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi à Brasilia.

« Un Brésil sans avortement »

Elu en octobre, le président d’extrême-droite est un fervent catholique et a reçu le soutien des puissantes églises évangéliques – un courant religieux qui a le vent en poupe au Brésil – grâce notamment à ses prises de position contre le mariage gay et l’avortement.

« Le premier droit et le plus grand est le droit à la vie. Nous voulons un Brésil sans avortement […] seulement dans les cas prévus par la loi. Je crois que la loi ne doit pas changer », a ainsi poursuivi Damares Alves.  Au Brésil, l’avortement n’est autorisé que lorsque la vie de la mère est en danger, la grossesse résulte d’un viol ou l’enfant a un risque de malformation.

Les déclarations de Jair Bolsonaro l’ont en revanche rendu très impopulaire auprès d’une majorité des membres de la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). « Les demandes LGBT sont très délicates mais mes relations avec les mouvements LGBT sont très bonnes. Il est possible d’avoir un gouvernement de paix entre le mouvement conservateur, le mouvement LGBT et les autres mouvements », a très vite assuré Damares Alves.

Hostilité envers les Indiens

La ministre aura également la responsabilité des populations indiennes à travers sa tutelle sur la Fondation nationale de l’Indien (Funai). Là encore, Jair Bolsonaro a multiplié les déclarations hostiles, remettant notamment en cause la démarcation des terres ancestrales. « La démarcation [des terres] est une question polémique, nous n’allons pas la régler maintenant. Le gouvernement va venir avec de nouvelles propositions », a conclu Damares Alves.

Avec la nomination de la ministre des droits de l’Homme, le gouvernement Bolsonaro, qui prendra ses fonctions en janvier, est quasiment au complet. Ne manque que  la désignation d’un ministre de l’Environnement .

Avec AFP