Guiclan. Quatre corps retrouvés : ce que l'on sait

Les corps des quatre membres de la famille Kervarec ont été découverts à leur domicile de Kerhervé, à Guiclan.
Les corps des quatre membres de la famille Kervarec ont été découverts à leur domicile de Kerhervé, à Guiclan. (Photo Gwendal Hameury)

Les corps de quatre membres d’une même famille ont été découverts, vendredi après-midi, à leur domicile de Guiclan (29), au lieu-dit Kerhervé. Les parents et leurs deux enfants ont été victimes d’une « mort violente ». Il pourrait s’agir d’un drame intrafamilial.

Que s’est-il passé dans cette grande maison bardée de bois blanc, aux volets et aux portes closes, située au hameau de Kerhervé, à deux pas du bourg de Guiclan ? Et quand ? Ce vendredi, en début d’après-midi, les pompiers y ont découvert les corps des quatre membres de la famille Kervarec : les parents Yann et Sandrine, 40 et 41 ans, leur fille Eléa, 11 ans, et leur fils Raphaël, 6 ans, élèves en classes de CM2 et de CP à l’école du Sacré-Coeur. L’intervention des secours faisait suite aux appels inquiets de la direction de l’établissement scolaire, où les enfants ne s’étaient présentés ni jeudi ni vendredi. Mais aussi de l’employeur de Sandrine Kervarec, aide-soignante à As Domicile, à Landivisiau (ex-Acadia), qui n’avait pas pris son service le matin même. « Nous avons été alertés vers 13 h. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il s’agit de morts violentes. Et que ça ne s’est pas forcément produit ce vendredi », commentait, laconique, le colonel Nicolas Duvinage, commandant le groupement de gendarmerie du Finistère, à16 h.


Un périmètre de sécurité


Très vite après la macabre découverte, un périmètre de sécurité de plusieurs centaines de mètres a été établi autour de l’habitation. Pas moyen de passer. Même pour les riverains, dont cet homme qui venait chercher des aliments bios pour bétail. Jean-Philippe Récappé, procureur de Brest, s’est rapidement rendu sur les lieux. De même que la brigade de recherches de la compagnie de Plourin-lès-Morlaix (29), à qui ce dernier a confié l’enquête. Également sur place, un groupe du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) de Plourin-lès-Morlaix, une vingtaine de militaires de la communauté de brigades de Saint-Pol-de-Léon et des techniciens en investigation criminelle (Tic), venus de Quimper. Le médecin légiste brestois n’est arrivé à Guiclan qu’en tout début de soirée. Pour 19 h 30, hormis quelques militaires en faction devant la maison, désormais plongée dans le noir et entourée de rubalise, tout le monde était parti.

Selon nos informations, l’enquête de voisinage n’aurait rien révélé de suspect, les habitants du hameau n’ayant rien vu, rien entendu de particulier ces derniers jours. Quant à la famille Kervarec, elle ne faisait pas beaucoup parler d’elle.


Guiclanais depuis 2011


« Je ne l’ai rencontrée qu’une fois, l’année dernière, en juin, à l’occasion d’une journée Bienvenue au jardin », confie le maire, Raymond Mercier. Passionné de permaculture, le couple disposait d’un terrain de 5 000 m2 comprenant un potager de 1 200 m2, des serres, un verger, des pâtures… Il s’était installé à Guiclan en 2011 et aimait recevoir du public (dont des scolaires), de temps à autre, dans ce petit coin de paradis. « Pour autant, à la mairie, on ne les connaissait pas vraiment. Un peu la maman, qui venait pour payer la cantine », reprend un Raymond Mercier secoué, qui s’est rendu à Kerhervé à deux reprises dans la journée.

Yann Kervarec semblait encore plus discret. Au bar l’Hélios, vendredi soir, cette femme en pleurs connaissait bien son épouse Sandrine. « Et les enfants, surtout, qui étaient à l’école avec les miens. Mais lui, non ». De ce père de famille, on sait juste qu’il avait un temps travaillé au sein d’une grande enseigne brestoise, dans la maintenance. Et qu’il était en reconversion. Il était aussi investi dans le club de badminton local.


La piste du drame intrafamilial


Vendredi soir, quelques voisins, apprenant la nouvelle, indiquaient avoir aperçu les Kervarec en famille, au moment d’Halloween. Un couple normal. Quant au parquet et aux gendarmes, ils restaient muets. Leur enquête ne fait que démarrer. Aucune piste n’est pour l’heure écartée. Mais selon nos sources, la piste privilégiée serait celle d’un terrible drame intrafamilial.