La Chine envoie un module sur la face cachée de la Lune, une première mondiale

La Chine a lancé ce vendredi un module d’exploration qui doit se poser sur la face cachée de la Lune, une première mondiale.

Ce petit véhicule baptisé Chang’e-4 (du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise) a été lancé, ce vendredi, vers 18h30, par une fusée Longue Marche 3B depuis le centre de lancement de Xichang, dans le sud-ouest de la Chine.

L’engin devrait alunir autour du 1er janvier afin d’étudier la face cachée de la Lune, une partie encore inexplorée du satellite de la Terre. Jusqu’à présent, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’a jamais touché le sol sur cette partie de la Lune que l’on ne voit jamais de la Terre.

Selon les scientifiques, cette partie de la Lune, selon des photos réalisées en 1959 par les Soviétiques, se présente par de nombreuses zones montagneuses et accidentées. En 1968, des hommes avaient pu apercevoir directement cette partie de la Lune lors de la mission Apollo 8.

Un satellite fera le relais avec l’engin sur la Lune

Un des défis majeurs est de parvenir à communiquer avec ce robot lunaire : la face cachée étant toujours orientée dans le sens opposé à la Terre, il n’y a pas de «ligne de mire» directe pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais.

La Chine a donc lancé en mai dernier un satellite baptisé Queqiao, positionné en orbite lunaire de façon à relayer les ordres et les données échangées entre la terre et le module.

En outre, cet engin doit pouvoir résister pendant la nuit lunaire (qui dure 14 jours terrestres) à des températures qui peuvent tomber à -173 degrés Celsius et pendant la journée lunaire (aussi équivalente à 14 jours terrestres) elles peuvent atteindre 127 degrés Celsius.

Des ressources naturelles

Pour corser la difficulté, le Chang’e-4 a été envoyé en direction d’une région du pôle Sud de la Lune, le Bassin Aitken, dont le terrain est particulièrement complexe et escarpé, selon les médias d’Etat chinois. L’engin doit notamment mener des études portant sur les basses fréquences radio ou encore sur les ressources en minéraux.

En effet, l’absence d’interférence permettrait d’installer des radiotélescopes plus performants que ceux utilisés depuis la Terre ou en orbite.

Mais surtout, les chercheurs soupçonnent aussi la présence dans cette partie de la Lune d’une très forte concentration d’hélium 3. Or, ce gaz non radioactif peut-être considéré comme une immense source d’énergie. Selon des études scientifiques, 25 tonnes d’hélium 3 suffiraient à fournir toute l’énergie consommée pendant un an par les États-Unis. Sur la face cachée de la Lune, les réserves de cet isotope de l’hélium seraient de 100 000 tonnes.

« Ce lancement est une étape cruciale pour la Chine dans son objectif de devenir le premier pays à envoyer une sonde capable d’alunir en douceur et d’explorer la face cachée de la Lune », s’est félicité Zhang Lihua, le responsable du projet de satellite, cité par l’agence Chine nouvelle.