La Chine part à la découverte de la face cachée de la Lune

Le véhicule Chang’e-4 – du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise – a été lancé par une fusée Longue Marche 3B depuis le centre de lancement de Xichang, dans le sud-ouest de la Chine, samedi à 02h23 heure locale.

C’est le début d’un long périple pour l’engin chinois, qui devrait alunir autour du 1er janvier afin d’étudier cette partie encore inexplorée de la Lune et d’y mener des expériences scientifiques. L’engin doit notamment mener des études portant sur les basses fréquences radio, les ressources en minéraux et la culture des tomates et d’autres plantes.

Contrairement à la face de la Lune la plus proche de la Terre, qui est toujours tournée vers notre planète, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’a jamais touché le sol de l’autre côté. La face cachée est montagneuse et accidentée, parsemée de cratères, alors que la face visible offre des surfaces planes pour se poser.

Défi technologique

Chang’e-4 sera « la première sonde de l’humanité à atterrir sur la face cachée de la Lune et à l’explorer », a déclaré le chef de la mission, He Rongwei, cité par le quotidien Global Times. « Cette mission est aussi le plus important projet d’exploration spatiale dans le monde en 2018 », a-t-il souligné. Pékin prévoit déjà de lancer l’an prochain un Chang’e-5 pour recueillir des échantillons et les ramener sur Terre.

La Chine se prépare depuis des années à cette opération particulièrement difficile du point de vue technologique. Un des défis majeurs est de parvenir à communiquer avec le robot lunaire. Toujours orientée dans le sens opposé à la Terre, la face cachée n’a pas de « ligne de mire » directe pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais. La Chine a donc lancé en mai le satellite Queqiao, positionné en orbite lunaire de façon à relayer les échanges entre la Terre et le module.

« Depuis dix ou vingt ans, la Chine a systématiquement parcouru à nouveau les étapes que l’Amérique et l’URSS avaient franchies dans l’exploration spatiale dans les années 1960 et 1970 », explique Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l’astrophysique. « C’est une des premières fois que les Chinois entreprennent quelque chose que personne d’autre n’a encore fait ».

(avec AFP)