Uber a secrètement déposé son dossier d'introduction en Bourse

L’introduction en Bourse d’Uber aura bien lieu. Alors que son rival, Lyft, pensait  être le premier des deux à  avoir entamé sa procédure d’entrée en Bourse, le  Wall Street Journal vient d’ anéantir ses espoirs. Uber a effectivement eu la même idée, cette semaine, en déposant son dossier auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Mais de façon très discrète.

Selon les documents, l’entreprise vise une cotation au premier trimestre 2019. C’est bien plus tôt que ce qu’avait précédemment annoncé son PDG, Dara Khosrowshahi, visant plutôt une échéance à la deuxième moitié de l’année 2019. Mais l’entreprise américaine préfère finalement entrer sur les marchés en premier, devant Lyft, qui a prévu sa cotation en mars ou avril.

Il faut dire qu’Uber est assez pressé par le temps. Dans le cadre d’un accord liant l’entreprise à Softbank, son principal investisseur, elle doit s’introduire sur le marché avant la fin de l’année prochaine, sans quoi elle devra permettre à certains investisseurs de revendre leurs actions sur le marché secondaire.

La plus grosse introduction en Bourse jamais enregistrée dans le secteur technologique

Pour préparer l’opération, Goldman  Sachs et Morgan Stanley ont effectué un travail préliminaire et proposé une valorisation de 120 milliards de dollars pour la société américaine. C’est presque le double de la valorisation la plus récente d’Uber, à 72 milliards de dollars, lors du dernier tour de table en août  qui a vu Toyota entrer au capital.

Une telle entrée en Bourse exploserait tous les records. A plus de 100 milliards, Uber ferait en effet l’objet de la plus grosse introduction en Bourse jamais enregistrée dans le secteur technologique. Et la société américaine vaudrait ainsi autant que les trois premiers constructeurs automobiles américains combinés, soit General Motors, Ford et Fiat Chrysler Automobiles.

Secteur en pleine expansion

Une ombre au tableau cependant : Uber, tout comme Lyft, ne sont pas encore rentables. Pour preuve, au troisième trimestre, Uber a accentué ses pertes, soit 1,07 milliard de dollars de pertes, 20 % de plus qu’au deuxième trimestre. Son chiffre d’affaires a, lui, augmenté de 38 % sur un an, à 2,95 milliards de dollars sur la période entre juillet et septembre.

Chez Lyft, les sommes ne sont pas les mêmes, mais la tendance plutôt similaire. Au dernier trimestre, l’entreprise a perdu 254 millions de dollars pour un chiffre d’affaires trimestriel de 563 millions de dollars. La croissance de ses revenus est toutefois plus vive que pour Uber, soit 45 % de hausse sur un an.

Uber reste en revanche le premier sur le marché, avec 69 % de parts de marché aux Etats-Unis contre 28 % pour Lyft. L’entreprise dirigée par Dara Khosrowshahi compte aussi près de 20,000 salariés dans le monde, quatre fois plus que son concurrent.

Le secteur de l’autopartage est en pleine expansion. Selon une étude de Goldman Sachs publiée l’an dernier, les investissements pourraient être multipliés par huit pour atteindre 285 milliards de dollars en 2030.