Championnats de France. Venturini remet ça

Trois ans après sa défaite devant Francis Mourey, Clément Venturini est sorti vainqueur de la boue de Besançon pour conquérir, dimanche, son deuxième titre de champion de France de cyclo-cross.

« J’étais reparti très déçu en 2016, presque fâché avec ce circuit », a déclaré le Lyonnais de l’équipe AG2R Mondiale qui a finalement décidé de revenir pour le rendez-vous national, son troisième cyclo-cross de l’hiver. Cette fois, Venturini a pris le dessus sur ses adversaires. Sur Fabien Canal (29 ans), le Belfortain déjà deuxième en 2014. Sur Steve Chainel, le champion sortant débordé dès le premier tour. Et surtout sur Mourey, la référence historique en France (neuf titres !) qui a annoncé prendre sa retraite en fin de saison.

À 38 ans, le Franc-Comtois a ajouté toutefois une nouvelle médaille à sa collection, quatorze ans après son premier maillot bleu-blanc-rouge en élite. Présent dans la roue de Venturini dans les trois premiers tours, il a dû laisser partir son cadet (25 ans) après une vingtaine de minutes, au premier tiers de la course. « Clément a toutes les bases du cyclo-cross, a souligné Mourey. Aujourd’hui, il fallait beaucoup de puissance et les pros de la route ont tiré parti des stages faits pendant l’hiver. »


« Ce maillot va peut-être changer les plans »


Fort d’une saison complète sur la route au plus haut niveau (WorldTour) et d’une première participation à un grand Tour (Giro), Venturini a marqué par sa supériorité physique. « J’étais limite techniquement, j’ai compensé avec le physique », a d’ailleurs reconnu le nouveau champion de France. Son passé dans la discipline, pour preuve le titre de champion du monde junior en 2011, a aidé le natif de Villeurbanne, qui a affirmé avoir abordé la course « assez détendu ». « Je n’avais pas l’obligation de gagner contrairement à l’année passée », a-t-il déclaré à propos de sa déconvenue de 2017 (6e) qu’il a expliquée par un « excès de confiance ».

Venturini, qui avait exclu de participer au prochain Mondial de Bogense (Danemark) début février, a même laissé la porte entrouverte pour la suite. « Je ne peux pas me prononcer. Ce maillot va peut-être changer les plans », a glissé le double champion de France avant de repartir avec Jean-Baptiste Quiclet, l’entraîneur en chef d’AG2R La Mondiale. La décision doit être prise dans les prochains jours. Quant à la sélection française, les noms seront annoncés après la manche de Coupe du monde prévue dimanche prochain à Pontchâteau (Loire-Atlantique). Même Mourey, qui n’a pas encore satisfait aux critères, n’est pas assuré du déplacement au Danemark.