Open d'Australie : Adrian Mannarino éliminé d'entrée

Dernier Français à quitter Melbourne en 2018 après un revers au 3e tour contre Dominic Thiem (5e), Adrian Mannarino (42e) a été, cette année, le premier à quitter le Tournoi. Une histoire de logique toujours : il avait hérité au premier tour du sud-africain Kevin Anderson, 6e mondial. Si le gaucher français l’avait déjà battu sur le circuit ATP en 2012 à Auckland, depuis Anderson a changé de dimension en atteste sa présence depuis onze mois dans le Top 10.

Le tableau

Mannarino pourtant n’a pas démérité face au géant de 32 ans, multipliant les courses et les coups délicieux. Mais si Anderson a commis beaucoup de fautes, il lui restait un atout de taille : son service. Puissant et précis, il a condamné le Parisien à l’excellence. Par séquences, il s’en est approché. Mais dans les moments décisifs, il n’a pas tenu le rythme. Dans le premier set, après avoir concédé un premier break laissant s’envoler Anderson à 4-2, il a donné l’impression de pouvoir revenir à hauteur avant de craquer (6-3).

Le deuxième set a ensuite donné du crédit à l’hypothèse de l’exploit. Breaké encore une fois, il l’a effacé dans la foulée avant de remonter 15-40 pour reprendre l’avantage. Mannarino rendant coups pour coups, a même réussi à s’offrir deux balles de set pour finir par égaliser (5-7). « Je me sentais pas mal. J’étais sur une bonne lancée. A partir du moment où j’ai debreaké, j’ai été plus régulier au retour, mon service a commencé à se régler », analysait-il.

Seulement, la mécanique s’est ensuite enrayée. Il concèdera un break en ouverture du troisième set et gâchera deux balles qui auraient dû lui permettre de gommer sa faute. Anderson, lui, n’a pas raté les occasions qui se sont présentées. Punition immédiate : 6-2. La quatrième manche verra le même scenario s’appliquer : 6-1 après un nouveau break offert d’entrée. Après 2h53, Mannarino pouvait s’en vouloir.

«Il n’y a pas beaucoup de fierté après cette rencontre»

« A un set partout, c’est dommage d’avoir donné un break pour commencer. Il y a eu pas mal d’attente et je me suis senti coupé dans mon élan. J’ai laissé passer des occasions et laissé Anderson s’envoler. Contre un joueur aussi fort, ça devient compliqué. Quand il prend la confiance, il lâche ses coups et il est dur à jouer, expliquait-il. A la fin du troisième set, le match s’est encore arrêté pour qu’il aille se changer. Pour moi ce fut dur de repartir à froid contre un joueur qui retourne aussi bien. Je suis sorti de mon rythme.»

Quand Mannarino a quitté le court, c’était donc enveloppé d’un sentiment de frustration. « Je n’ai pas réussi à le fatiguer assez sur des rallyes. Je suis allé à la faute trop vite. Je n’ai pas réussi à l’épuiser pour espérer faire baisser son pourcentage de réussite au service. Et il a pu contrôler, se désolait-il. Si j’avais pu tenir un peu plus, il aurait pu avoir des moments de doute. Mais je n’ai pas su le pousser dans ses retranchements. Il est resté assez tranquille… ».

Et pour la sixième fois en dix participations, Mannarino, lui, doit s’en aller dès le premier tour. La redondance ne peut qu’affecter surtout un an après une belle percée. Alors même s’il est sorti tête-haute de la Melbourne Arena face au 6e mondial, il n’avait pas le coeur à relativiser. « Il n’y a pas beaucoup de fierté après cette rencontre. Quand tu es éliminé au premier tour un lundi à 14h, il n’y a que de la déception. Peu importe le match. »

Grégory Letort, à Melbourne.