Open d'Australie : Roberto Bautista Agut dans la peau du bourreau

Un 230e joueur mondial comme adversaire au premier tour en cette fin d’après-midi sur la Melbourne Arena, ça aurait dû être un tirage au sort idéal pour l’Espagnol Roberto Bautista Agut (30 ans, 23e) arrivé en Australie sur la lancée d’un titre conquis à Doha, le neuvième de sa carrière. Seulement, en quelques jours, le contexte de son entrée en lice, s’est retrouvé transformé. Le fameux 230e mondial, c’est Andy Murray, ancien numéro 1 mondial (2016). Mais depuis vendredi et l’annonce par l’Écossais de sa retraite imminente, le rendez-vous est devenu le possible dernier match d’un condamné.

À 31 ans, Andy Murray, souffrant de la hanche, a reconnu l’envisager même s’il aimerait s’offrir le privilège de se retirer à Wimbledon, théâtre de deux de ses trois Majeurs. L’annonce émouvante, conjuguée à la personnalité du joueur a forcément tout changé. Andy Murray aimantera forcément toute la sympathie : « Beaucoup de gens vont regarder le match. Andy est une légende du tennis. Ce sera un moment particulier, devine son adversaire Roberto Bautista Agut, conscient de son ”mauvais” rôle. Je serai le méchant. J’ai déjà connu ces situations en Coupe Davis notamment. J’espère pouvoir profiter du match. »

Son voeu témoigne d’un fait : il a conscience que ce premier tour a tous les contours d’un piège. La question est vieille comme le tennis : comment faut-il attaquer un adversaire fragilisé ? Se retenir c’est s’exposer. Et le balayer, en profitant de ses limites serait teinté de cruauté. Pour Bautista Agut, c’est une confusion des sentiments : « On s’est croisé plusieurs fois sur le circuit, ça sera un chouette match et une grande expérience. Andy c’est un des meilleurs de l’histoire et, être arrêté sur blessure, c’est la pire chose dans une vie de tennisman. Mais j’essaierai de faire tout ce que je peux pour remporter ce match », avouait-il, promettant de jouer sans état d’âme.

Grégory Letort, à Melbourne