Peterhansel : La deuxième semaine sera probablement plus compliquée

Stéphane Peterhansel aime à rappeler qu’il y a un an, en quittant le Pérou qui accueille cette année la totalité du parcours, il comptait plus d’une demi-heure d’avance sur son plus proche rival – et qu’il a finalement pris la quatrième place finale. Lors de la journée de repos à Arequipa, samedi, le pilote d’un des trois buggys Mini a fait part de ses espoirs pour la deuxième semaine de course.

“J’espère être un peu meilleur que durant la première, parce que, comme je l’ai dit au début de la course, le vainqueur sera probablement celui qui n’aura pas commis trop d’erreurs. Et au final, auprès une semaine, le leader est Nasser [Al-Attiyah] qui a fait une course parfaite, sans grosse erreur”, a rappelé Peterhansel.

“J’ai roulé avec lui deux ou trois fois, il n’attaquait pas à fond, il avait une bonne vitesse mais il n’a pas fait de faute. Donc, pour moi, ce que j’attends de la deuxième semaine est de faire un peu mieux et d’être en mesure d’avoir une bonne vitesse sans faire de grosse erreur.”

“Cette deuxième semaine sera probablement un petit peu plus compliquée, avec plus de dunes, de navigation compliquée. La stratégie n’est pas facile à lire mais avant tout, je dois être vraiment plus concentré.”

“Bien sûr, dans ma position, je dois prendre un peu plus de risques, mais je ne sais pas si je suis capable d’en prendre ‘trop’. C’est ma philosophie, je ne prends jamais trop de risques. Je vais tenter d’attaquer un petit peu plus, mais pas comme un fou.”

Si Peterhansel souligne ainsi la performance de son rival qatari, est-ce parce qu’il estime avoir lui-même commis trop d’erreurs au fil des deux premières étapes, ayant concédé deux fois du temps ?

“Je suis resté coincé 20 minutes le deuxième jour [mardi], mais au final c’était à la fois de ma faute et dû à un problème avec le gonflement et dégonflement électronique des pneus”, répond-il. ”C’était dans une dune et le système n’a pas fonctionné alors qu’il fallait la passer avec deux bars. Et hier [vendredi], cela a été 100% de ma faute. C’était à 30 kilomètres de l’arrivée de la spéciale, que nous avions courue la veille dans le sens opposé – le terrain était donc pas mal détruit, avec beaucoup de fesch-fesch. Je n’ai pas vu un endroit où il y en avait, c’était plat, j’ai tourné très lentement, peut-être 20 km/h, mais je suis resté coincé.”

“C’était du fesch-fesch très mou, comme de la poudreuse. Quand je suis descendu de la voiture, toute ma jambe s’y est enfoncée. J’ai de petites jambes [rires], mais 70 cm de fesch-fesch, je n’avais jamais vu ça avant, et on n’était incapables de faire bouger la voiture. Il a fallu attendre de l’aide de la part de Nani Roma. Donc au départ, c’est une erreur de ma part.”

Un buggy Mini performant

De retour cette année chez X-Raid avec qui il a remporté deux de ses sept succès sur quatre roues en 2012 et 2013 (avec le 4×4 Mini), Peterhansel, seul pilote d’un buggy de la marque allemande encore clairement en lice pour la victoire, est satisfait du comportement de celui-ci.

“Il y a un point très positif qui est le niveau de performance de la voiture. On a un très bon moteur. Le deuxième jour, j’étais avec Sébastien Loeb et j’ai pu comparer par rapport à la Peugeot. J’ai aussi roulé à quelques reprises avec Nasser [et la Toyota]. La performance est bonne, le châssis est bon. Quelques détails doivent être un peu améliorés, comme le système de gonflage et dégonflage. Pas de grosses choses, mais importantes. Si vous voulez gagner le Dakar, tout doit être parfait. Il faut être prêt à 100%, et nous avons quelques points de détail qui ne le sont pas.”

“Le second point positif est qu’après cinq jours avec mon nouveau copilote, David Castera [ex-Cyril Despres, qui remplace Jean-Paul Cottret parti rejoindre l’autre ancien motard], nous n’avons fait aucune erreur de navigation. C’était propre, en cinq jours on a dû faire 300 ou 400 mètres de trop, ce qui n’est rien. Enfin, dernier point positif, nous sommes toujours en lutte pour la victoire.”

La sixième étape de ce dimanche entre Arequipa et San Juan de Marcona a débuté à 16h50, en même temps que la seconde semaine de course, pour les concurrents de la catégorie auto.

Propos recueillis par Sergio Lillo