Un jeune journaliste tourangeau de la chaîne LCI molesté à Rouen

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Julien Garrel, originaire d’Amboise, travaille comme correspondant pigiste pour LCI et CNews.

© (Photo LCI)

Julien Garrel couvrait samedi une manifestation Gilets jaunes lorsque lui et son garde du corps ont été physiquement agressés par une foule déchaînée.

Julien Garrel était déjà sur la passerelle Sédar-Senghor à Paris, samedi 5 janvier, lorsque deux gendarmes ont été tabassé par un ancien boxeur professionnel. Mais cet ancien étudiant de l’École publique de journalisme de Tours (*) n’avait jamais subi une telle violence dans l’exercice de son métier.
Samedi, après cinq manifestations couvertes à Paris pour LCI et CNews, Julien Garrel est envoyé pour couvrir un rassemblement de Gilets jaunes à Rouen. Arrivé très tôt sur place avec son collègue cameraman et les deux gardes du corps qui suivent les journalistes, Julien Garrel attaque la couverture vers 10 h. « Devant les menaces et insultes que nous recevons, explique le correspondant de LCI, nous sommes désormais systématiquement accompagnés par des agents de sécurité. »
“ J’ai reçu une bouteille sur la tête ” Dans une ambiance tendue, mais supportable, l’équipe de LCI multiplie les reportages. L’incident se produit vers 13 h : « Nous sommes sur la place centrale de Rouen. Nous discutons tranquillement avec des Gilets jaunes, caméra fermée, micros baissés, sans aucune identification. A ce moment-là, une masse de Gilets jaunes arrive sur la place. Nous sommes immédiatement ciblés. Les insultes, très violentes, pleuvent. Au début, on n’y prête pas attention. Mais plus la foule de plusieurs centaines de personnes se rapproche, plus les slogans sont haineux. On sent qu’ils cherchent l’affrontement physique. Mon garde du corps me conseille alors de partir très vite. » « En courant, je reçois une bouteille sur la tête, heureusement je portais un casque, puis ce qui me semble être une autre bouteille dans les jambes. Là, je tombe. En me relevant, je regarde derrière, mon agent de sécurité est en train de se faire massacrer au sol. Heureusement, des Gilets Jaunes ont réussi à l’extirper. Il a le nez cassé. Mon collègue cameraman a eu, lui, la chance d’être arraché de la foule par un autre manifestant. »

Les quatre compagnons d’infortune se retrouveront un peu plus tard au commissariat de Rouen pour porter plainte contre X. « Je ne sais pas si je repartirai pour couvrir l’épisode 10 des Gilets jaunes. Le mouvement se radicalise et même s’il ne faut pas confondre tous les Gilets Jaunes, notre métier devient de plus en plus exposé. Avant, on pouvait être blessé de façon collatérale, aujourd’hui, on devient la cible principale. Ils frappent même à visage découvert, ils n’ont même plus peur d’être reconnus. Ils n’ont plus de limites. »

(*) Julien Garrel, 23 ans, a fait ses études au lycée Léonard-de-Vinci d’Amboise avant de suivre les cours de l’EPJT pendant trois ans. Il a été correspondant sportif pour La Nouvelle République et pour TV Tours.

La vidéo de l’agression, filmée par un journaliste de Paris Normandie : 

Journaliste, directeur adjoint de la Nouvelle République d’Indre-et-Loire