Bergamini : mise à jour de la liste des pays présentant des lacunes dans la lutte contre le financement du terrorisme

 

L’ambassadeur de l’Union européenne (UE) à Tunis Patrice Bergamini s’est évertué mercredi à minimiser la portée de l’inscription de la Tunisie sur la liste noire des pays non coopératifs en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme , « il ne s’agit pas d’une nouvelle liste, mais d’une mise à jour de la liste des pays présentant des lacunes stratégiques dans (cette) lutte», a déclaré le diplomate de l’UE.

Dans un communiqué publié, mercredi, la Commission européenne précise que cette liste comprend 12 pays répertoriés par le Groupe d’Action Financière (GAFI) et 11 autres juridictions. Certains des pays énumérés aujourd’hui figurent déjà sur la liste de la commission européenne, comme la Tunisie.

Dans une déclaration à TAP, le responsable européen a précisé que contrairement aux informations publiées par certains médias tunisiens, il y a seulement deux listes de la Commission Européenne et non pas trois. La première liste remonte à l’hiver 2017 et concerne les questions d’évasion fiscale, mais dès le début de 2018, la Tunisie est parvenue grâce aux efforts consentis à sortir de cette liste noire et de figurer sur une liste grise, a encore expliqué Bergamini.

Et d’ajouter : « J’ai bon espoir que la Tunisie parviendra à sortir de cette liste grise qui concerne l’évasion fiscale, dès le mois de mars 2019 », a-t-il encore indiqué.

Concernant la deuxième liste des pays qui présentent «des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux/le financement du terrorisme, le responsable européen a indiqué que l’objectif des deux parties (Tunisie et UE) reste inchangé. Il s’agit de permettre à la Tunisie de remplir le plus rapidement possible ses engagements vis-à-vis du GAFI », a-t-il encore fait savoir.

Il a, dans le même cadre, indiqué que la coopération entre les autorités tunisiennes et l’Union européenne se poursuit afin de permettre à la Tunisie de « sortir avant l’été 2019, de cette deuxième liste qui concerne le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme». « Nous sommes totalement d’accord sur l’objectif de sortir la Tunisie de la liste grise d’évasion fiscale, en mars 2019 et de travailler en bonne intelligence pour sortir, avant l’été, de la liste noire du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme », a-t-il affirmé.

Outre la Tunisie, les pays déjà classés sur la liste de la commission européenne sont les Bahamas, le Botswana, République populaire démocratique de Corée, l’Ethiopie, le Ghana, l’Iran, le Pakistan, le Sri Lanka, la Syrie, Trinité-et-Tobago et le Yémen. Les 11 juridictions supplémentaires identifiées par la Commission, sont l’Afghanistan, les Samoa américaines, Guam, l’Irak, la Libye, le Nigeria, le Panama, Porto Rico, Samoa, l’Arabie saoudite, les Îles Vierges américaines.

La liste mise à jour a été établie sur la base d’une analyse de 54 juridictions prioritaires préparée par la Commission en consultation avec les États membres, précise le communiqué de la commission européenne dans l’objectif “de protéger le système financier de l’UE en luttant mieux contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».

À la suite de cette inscription, les banques et autres entités couvertes par les règles de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment d’argent seront tenues d’appliquer des contrôles accrus sur les opérations financières impliquant des clients et des institutions financières de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux identifier tout cas suspect.