Decathlon attaque un fabricant belge de vélos à cause de bris de cadres

Decathlon Belgique et le fabricant de vélos Ludo s’affrontent en justice. Suite à des bris de cadres, Decathlon a rompu le contrat et rappelé les vélos défectueux. Decathlon réclame 2,5 millions d’euros à Ludo. Le fabricant exige 1,1 million d’euros et un euro provisionnel pour atteinte à la réputation.

La vie des entreprises, vous l’aurez compris, n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Et malgré les conflits qui peuvent parsemer la relation entre les partenaires, ils doivent souvent continuer à travailler ensemble. C’est la mésaventure que vivent actuellement Decathlon Belgique et le fabricant (belge) de vélos Ludo, connu pour commercialiser les marques Granville et Btwin. Une affaire de bris de cadre sur certains modèles vire au bras de fer devant le tribunal de l’entreprise néerlandophone de Bruxelles.

D’après des tests réalisés en Chine, les cadres n’étaient pas conformes aux normes de sécurité.

La relation entre les deux partenaires concernant la catégorie de vélos visée date de l’année 2013. A ce moment, il est question de la livraison de vélos électriques et de vélos traditionnels commercialisés sous les marques S’Cape et Btwin. C’est en 2015 que les problèmes commencent lorsqu’un incident de cadre brisé est rapporté à Decathlon.  Entre septembre 2015 et mars 2016, trois incidents de bris de cadre sur des vélos sont rapportés, le dernier causant des blessures à l’utilisateur du vélo en question. 

À ce moment, Ludo a mené son enquête, sachant que les cadres pour ce type de vélos sont fabriqués en Chine.  Une société indépendante basée à Taiwan a remis un rapport expliquant que les vélos en question n’avaient pas satisfait aux tests de résistance. Des bris de cadres avaient eu lieu après 20.000 tours de pédalier alors qu’ils auraient dû résister à plus de 100.000 tours de pédaliers. De son côté, le fabricant chinois de cadres a remis son propre rapport, précisant que les pièces livrées étaient conformes aux normes de sécurité. 

Soucieux de trouver une solution, Ludo a alors commandé de nouveaux cadres qui se sont fait attendre plus de trois mois. Ne voulant faire courir aucun risque à ses clients, Decathlon a alors fait rappeler les vélos concernés par le défaut de fabrication des cadres. On parle de plus de 1.500 vélos vendus et de 316 vélos en stock. C’est sur ce rappel que le bât blesse, toute la question étant de savoir si celui-ci était conforme à la convention. Les deux parties s’opposent notamment sur ce point.

À ce stade de la procédure, Decathlon réclame 2,5 millions d’euros à Ludo, cette somme portant, en partie, sur le prix des vélos achetés. De son côté, Ludo réclame 1,1 million d’euros pour rupture de contrat et un euro, à titre provisionnel, pour atteinte à la réputation.

À ce stade, le tribunal n’a pas tranché, ordonnant la réouverture des débats pour éclairer différents points. Les plaidoiries reprendront après l’été.