L'industrie automobile européenne contre un «Brexit dur»

Le patron de PSA, Carlos Tavares, a mis en garde mercredi contre le drame que représenterait un Brexit dur pour l’industrie automobile, au moment où le marché européen semble se retourner après cinq années de hausse.

Une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord « serait extrêmement dramatique pour l’industrie automobile européenne », a prévenu M. Tavares, s’exprimant à Paris en tant que président de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). « Nous pouvons tous sentir que quelque chose se prépare pour le pire […]. Tout le monde se prépare à un résultat négatif », a déclaré M. Tavares, appelant l’Union européenne et le Royaume-Uni « à conclure un accord ».

En cas de Brexit dur, la livre sterling « s’effondrera et, très probablement, de nombreux constructeurs automobiles devront augmenter leurs prix pour protéger leurs marges, ce qui provoquera un effondrement du marché britannique », a affirmé, en conférence de presse, le président de l’organisation représentant les quinze grands constructeurs automobiles basés en Europe.

En outre, la possible instauration de barrières douanières entre le Royaume-Uni et l’Europe pourrait fortement réduire la compétitivité des usines automobiles britanniques qui exportent vers l’UE, remettant en cause des milliards en investissements des constructeurs présents dans le pays.

Le Royaume-Uni, censé quitter l’Union européenne le 29 mars, est toujours en plein flou quant à la forme que prendra ce divorce historique, les députés britanniques ayant massivement rejeté le 15 janvier l’accord négocié pendant de longs mois avec Bruxelles par la première ministre Theresa May.

Ford, qui emploie 13 000 personnes au Royaume-Uni, a aussi mis la pression sur Mme May pour éviter un Brexit sans accord, a indiqué mercredi à l’AFP une source proche du dossier.

Le constructeur automobile américain lui a présenté récemment les mesures qu’il envisage de prendre en cas de Brexit dur, a affirmé cette source, précisant que toutes les options sont sur la table, y compris un transfert de la production du Royaume-Uni vers le continent.

Un divorce sans accord serait « catastrophique pour l’industrie automobile britannique et pour les opérations de production de Ford dans le pays », a-t-elle ajouté.

Début février, le constructeur japonais Nissan avait déjà annoncé qu’il revenait sur sa décision, dévoilée en octobre 2016, d’assembler son crossover X-Trail pour le marché européen dans sa gigantesque usine britannique de Sunderland, la plus grande d’Europe.